尧典 Yáo Diǎn « Le Canon de Yáo »
Le 尧典 Yáo Diǎn est le premier chapitre du 尚书 Shàng Shū, également connu sous le nom de Livre des Documents. Ce texte ancien est fondamental dans la littérature chinoise classique et offre un aperçu précieux sur le règne légendaire de l’empereur 尧 Yáo.
Le chapitre 《尧典》 se divise en plusieurs sections principales :
Vertus et gouvernance de l’empereur 尧 Yáo : Il est décrit comme un souverain exemplaire, doté de qualités telles que la piété, la sagesse et l’humilité. Son règne est marqué par une administration harmonieuse et une influence bienveillante s’étendant sur tout le royaume.
Établissement du calendrier : 尧 Yáo charge les astronomes 羲 Xī et 和 Hé d’observer les mouvements des astres pour élaborer un calendrier précis, permettant ainsi aux agriculteurs de se conformer aux saisons pour leurs activités agricoles.
Sélection et nomination de 舜 Shùn comme successeur : Reconnaissant les mérites de 舜 Shùn, 尧 Yáo décide de lui céder le pouvoir, illustrant ainsi le principe de la transmission du pouvoir basée sur la vertu plutôt que sur l’héritage familial.
Ce texte est essentiel pour comprendre les idéaux politiques et éthiques de la Chine ancienne, mettant en avant des concepts tels que la méritocratie, l’harmonie sociale et le respect des lois naturelles.
“昔在帝堯,聰明文思,光宅天下。將遜于位,讓于虞舜,作《堯典》。xī zài Dì Yáo, cōng míng wén sī, guāng zhái tiān xià. jiāng xùn yú wèi, ràng yú Yú Shùn, zuò Yáo Diǎn.
Autrefois, sous le règne de l’Empereur 尧 Yáo, doué de clairvoyance, de sagesse raffinée et de pensées ordonnées, sa lumière s’étendait sur tout ce qui est sous le Ciel. Lorsqu’il s’apprêta à renoncer au trône, il céda le pouvoir à 虞舜 Yú Shùn. C’est ainsi qu’a été composé le « Canon de Yáo » (堯典 Yáo Diǎn).”
Ce passage ouvre solennellement le 堯典 Yáo Diǎn. Il situe la scène dans un âge d’or mythique où la légitimité du pouvoir repose sur la vertu et la sagesse. La phrase "光宅天下" (guāng zhái tiān xià) — « sa lumière s'étendait sur tout ce qui est sous le Ciel » — résume à elle seule l’idéal confucéen du souverain éclairé.“曰若稽古帝堯,曰放勳,欽、明、文、思、安安,允恭克讓,光被四表,格于上下。克明俊德,以親九族。九族既睦,平章百姓。百姓昭明,協和萬邦。黎民於變時雍。
yuē ruò jī gǔ Dì Yáo, yuē Fàng Xūn, qīn, míng, wén, sī, ān ān, yǔn gōng kè ràng, guāng bèi sì biǎo, gé yú shàng xià. kè míng jùn dé, yǐ qīn jiǔ zú. jiǔ zú jì mù, píng zhāng bǎi xìng. bǎi xìng zhāo míng, xié hé wàn bāng. lí mín yú biàn shí yōng.
On dit que, lorsqu’on examine les anciens temps, l’Empereur 尧 Yáo — nommé 放勳 Fàng Xūn — était révérencieux, lucide, cultivé, réfléchi, paisible et constant. Il était sincèrement respectueux, humble et capable de céder la place. Sa lumière rayonnait aux quatre extrémités du monde, touchant les hauteurs comme les profondeurs.
Il mettait en évidence les vertus éminentes et brillantes, et s’attachait à unir les neuf familles (九族 jiǔ zú). Une fois les neuf familles en harmonie, il régulait et organisait le peuple. Quand le peuple était éclairé et clairvoyant, toutes les nations (萬邦 wàn bāng) pouvaient s’accorder dans l’harmonie. Ainsi, le peuple aux cheveux noirs (黎民 lí mín) se multipliait et vivait dans la concorde.“
Ce vers est une apothéose du gouvernement de 尧 Yáo : malgré les transformations naturelles du monde — les saisons, les cycles célestes, ou les événements sociaux —, le peuple reste paisible et uni. Cela signifie que l’ordre établi par le souverain est si profondément enraciné dans la nature des choses qu’il ne se désagrège pas face aux transformations. Il y a là une idée fondamentale dans le 書經 Shū Jīng : le bon gouvernement permet au peuple de vivre en 雍 yōng (harmonie) avec les 變 biàn (transformations).
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