Histoire brève de l’acupuncture japonaise
L’introduction de la culture médicale venue du continent chinois au Japon s’effectua d’abord par l’intermédiaire de la péninsule coréenne, qui servit de relais culturel et religieux dans les premiers siècles.
C’est ainsi qu’en 562, un moine du nom de 智聰 Zhì Cōng, originaire du royaume de Wu (呉 Wú), arriva au Japon, apportant avec lui non seulement des textes de pharmacopée mais également les fameuses cartes 明堂図 Meidō-zu.
Ces dernières, véritables représentations anatomiques schématiques, illustrent l’emplacement des points d’acupuncture sur le corps humain. Elles traduisent la conception cosmologique du corps comme reflet du Ciel et de la Terre, et jouent aussi un rôle rituel.
À partir du VIIe siècle, la situation change : le Japon établit une communication officielle et directe avec la Chine, en envoyant des ambassadeurs auprès des dynasties 隋 Suí et 唐 Táng. De ces missions diplomatiques découle une importation massive de culture, dont la médecine constitue un élément essentiel. Les ouvrages médicaux transmis sont issus de la grande tradition des Han et des Six Dynasties. Parmi eux figurent :
le 《脈經 Mài jīng》 (Myaku-kyō), le Classique du Pouls, compilé par 王叔和 Wáng Shūhé au IIIe siècle ;
le 《甲乙經 Jiǎyǐ jīng》 (Kō-otsu-kyō), manuel d’acupuncture attribué à 皇甫謐 Huángfǔ Mì ;
le 《本草経集注 Běncǎo jīng jízhù》 (Honzō-kyō shichū), commentaire pharmacologique de 陶弘景 Táo Hóngjǐng ;
le 《小品方 Xiǎopǐn fāng》 (Shōhin-hō), recueil de prescriptions ;
le 《集験方 Jíyàn fāng》 (Shūken-hō), collection de formules éprouvées ;
le 《素問 Sùwèn》 (Somon), première partie du 《黃帝內經 Huángdì Nèijīng》 ;
et enfin le 《靈樞 Língshū》, souvent désigné au Japon comme le 針経 Shinkyō, le Classique de l’Acupuncture.
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