Rencontre avec Jean Sylvain Prot (1ère partie)

Cet article à été initialement rédigé par Lionel Silberman, auteur du blog “Une danse dans le Tao”.

C’est chez lui que Jean-Sylvain me donne rendez-vous. Je l’y retrouve affairé, en pleine activité, pris dans un quotidien tourné résolument vers la Médecine Chinoise.  Ce qui frappe de suite dans son attitude ce sont ses déplacements: énergique et vif, on voit de suite que l’individu possède au fond de lui un mouvement constant. Nous nous installons dans son bureau, un espace particulier : discret mais aussi “dense”, rempli du même enthousiasme d’explorateur que l’on perçoit chez lui, une exploration avec l’esprit comme véhicule et la pratique comme révélateur.

Je démarre l’entretien, curieux de l’homme et de ce qu’il a à raconter.  Je l’arrêterai deux heures plus tard … un long échange !  J’anticipais la passion et je repars conforté: Jean Sylvain est plein d’un enthousiasme contagieux, optimiste et entier. Je découvre un esprit riche et incisif. Derrière ses opinions on perçoit un souci constant de faire au mieux, de dissiper les raideurs inutiles, de dépasser les pré-supposés. Je le voyais très dynamique: je découvre aussi un homme apaisé par son cheminement et soucieux d’un avenir qu’il envisage au collectif. Rencontre avec un adepte du dépassement.

Bonjour Jean-Sylvain, peux tu te présenter ?

Je m’appelle Jean-Sylvain, j’ai 45 ans, je pratique la médecine chinoise depuis une quinzaine d’années. J’ai été professeur de mathématiques, crêpier à Londres pendant un an et demi (rire) … et batteur de rock ! J’ai été également consultant en informatique pour de grosses sociétés américaines puis à mon compte pendant quelques années avant de découvrir la Médecine Chinoise. J’ai un parcours atypique soit,  mais qui n’en a pas en médecine chinoise ?

L’extrême-orient et toi, ça commence comment ?

Essentiellement, c’est par les arts martiaux puisque j’ai pratiqué pendant 20 ans les arts martiaux coréens. Je considérais que ma pratique devait être avant toute chose une pratique de santé alors qu’elle était essentiellement tournée à l’époque vers la compétition sportive, ce qui est toujours plus épuisant que salutaire. A un moment donné, je me suis dis que pour continuer à pratiquer une activité physique qui irait dans le sens de la longévité, je devais trouver une autre façon d’envisager le sport. Je devais sortir des longues séances d’entraînement tournées vers le physique, la performance et les entraînements quasi quotidiens, 6 jours par semaine en moyenne, 4 à 6 heures par jours.

C’est à cette époque que je suis parti avec un ami en Corée du Nord et que j’y ai trouvé un niveau de pratique bien au delà de ce que j’avais pu voir ailleurs : des athlètes vraiment extraordinaires qui semblaient invulnérables et ne jamais souffrir d’épuisement ni de fatigue. Je me suis donc interrogé : comment font-ils ? J’ai commencé à comprendre qu’il y avait autre chose à coté de l’entrainement : les massages, le Qi Gong, beaucoup de préparation mentale, etc…

Pour la petite histoire, c’est ma femme qui m’a un jour apporté la publicité d’une école de MTC. Comme cette école mettait la pratique du Qi Gong au centre de son enseignement de la médecine chinoise, je me suis dit : “c’est ce qu’il me faut pour équilibrer ma pratique personnelle.” Après mes études j’ai laissé tomber l’informatique et le sport de haut-niveau et j’ai commencé à me consacrer quasi exclusivement à l’approfondissement des concepts et à la pratique de la médecine chinoise.

Justement quelles ont été les spécialités que tu as étudié ?

En général, dans les écoles de MTC les étudiants ne font qu’aborder les méthodes thérapeutiques de la médecine chinoise, les techniques de préservation de la santé (yang sheng fa), la pharmacopée, le Tui-Na, l’acupuncture, le Qigong thérapeutique et la diététique. A l’issue de mes 4 premières années d’étude, j’avais soif d’autre chose: j’étais frustré, insatisfait, car il y avait de nombreuses questions qui restaient sans réponses. Mon esprit cartésien refusait d’admettre simplement certaines assertions.

Par exemple ?

J’ai toujours refusé l’idée d’utiliser en acupuncture des points parce qu’ils étaient des points d’expérience. J’ai toujours pensé qu’il y avait forcément une justification logique à l’usage des points dans les formules classiques. Cet état d’esprit perdure et quinze ans après, dans ma pratique quotidienne, je continue à être « l’éternel étudiant » qui cherche un niveau de profondeur de plus en plus signifiant pour moi.

On parle jusque là d’acupuncture : et la pharmacopée ?

Pour être très franc avec toi, la pharmacopée c’est une chose qui ne m’a jamais passionné.  Je préférais de loin les thérapies manuelles et l’acupuncture qui me paraissaient et me paraissent toujours aujourd’hui être les plus pertinentes dans notre société. Je pense que l’enseignement que l’on dispense aujourd’hui dans la majorité des écoles de MTC est basé sur un modèle construit après 1958 par la Chine maoïste. C’est un enseignement moderne qui donne la part belle à la pharmacopée : c’est l’approche la plus rationnelle pour nos esprits occidentaux et celle qui semble le mieux convenir au rapprochement des deux médecines : orientale et occidentale.

Un des objectifs de Mao une fois qu’il eut abandonné l’idée « d’éliminer » la médecine chinoise, fut de la réformer afin de la rendre acceptable dans une approche bio-médicale. Nous sommes passé d’une médecine du Yi basée sur la compréhension des transformations du Qi (Qi Hua), du Yin et du Yang et des 5 mouvements (Wu Xing), à une médecine qui traite, comme sa jeune sœur occidentale, les “maladies” sans se préoccuper de ses concepts fondamentaux de la médecine chinoise classique. Une certaine approche de la pharmacopée et de la théorie des Zang Fu a alors été mise au centre de la médecine chinoise et appliquée à l’acupuncture. Nous sommes passés de l’étude de la théorie des canaux/méridiens (jing luo) au profit de l’étude des fonctions et indications des « points » d’acupuncture. Tous les grands maîtres de l’acupuncture nous disent pourtant que l’essentiel, dans la pratique de la médecine chinoise, ce sont les méridiens. Au lieu d’envisager l’acupuncture comme une problématique de réseaux, elle est pratiquée aujourd’hui comme une thérapie du “point”, avec une pensée linéaire bien éloignée de la pensée circulaire originelle des classiques. Il est temps je crois de revenir à une approche plus authentique et surtout plus efficace de l’acupuncture, dans laquelle le système des canaux/méridiens est central. On doit pratiquer la canaux-puncture !

Mais ce style basé sur la différentiation des syndromes est enseigné dans la plupart des écoles de MTC non ?

Absolument. C’est ce qu’on retrouve dans 90% des écoles, ici ou ailleurs. Mais le concept de différentiation des syndromes est pertinent en acupuncture classique, sauf que le rôle des méridiens y est central. La clé de l’acupuncture c’est de comprendre la physiologie classique, c’est à dire comprendre que la médecine chinoise est une médecine fonctionnelle, basée sur deux concepts interdépendant : les zang fu ET les jing luo. Chaque méridien subit l’influence des 5 dépositaires (Zang) et toute perturbation viscérale se traduit par des pathologies de canaux. A l’inverse, les pathologies des canaux d’acupuncture peuvent affecter les zang fu. C’est la connaissance du lieu et de l’origine du déséquilibre qui donne la clé du traitement.

On connaît la médecine traditionnelle chinoise, mais on connaît moins l’acupuncture coréenne, l’acupuncture japonaise, l’acupuncture de Maitre Tung, et tout un tas d’autres styles qui, même s’ils partagent avec la médecine chinoise des bases communes, ne partagent pas les mêmes expressions dans leurs méthodes de traitement. Et c’est dans ces autres approches que je suis allé chercher les réponses que je ne trouvais pas dans l’enseignement de la MTC.

Quels ont été tes professeurs ?

Il y en a eu beaucoup. Il y a des personnages clés dans mon parcours. Une fois diplômé de MTC, je rencontre un clinicien hors du commun, le docteur Zhang Yun, avec qui je vais étudier régulièrement durant trois ans. J’assiste à ses consultations dans son cabinet du 12ème arrondissement à Paris, où j’observe une acupuncture remarquablement efficace mais totalement incompréhensible pour moi à cette époque ! Le diagnostic se fait par la palpation des canaux et de l’abdomen, la symptomatologie des canaux/méridiens, le pouls, …

Le Dr Zhang me dira un jour : « Il y a une différence entre imaginer et savoir » : il base son diagnostic différentiel sur des éléments qu’il considère comme objectifs et desquels il exclut souvent – cela risque de faire sursauter les praticiens de MTC – la lecture de la langue (mais pas systématiquement). La langue et les pouls radiaux sont systématiquement utilisés lorsque le dr Zhang prescrit de la pharmacopée ou lorsqu’il traite certaines pathologies sans pouvoir observer de signe objectif, comme par exemple la dépression nerveuse. Il me parle aussi souvent de l’importance de la méditation, de la vacuité et de l’intention … C’est lui qui va devenir mon premier maître et inspirer mon « style » clinique pendant de nombreuses années.

Palpation des méridiens/diagnostic différentiel

Je vais assister à des traitements extraordinaires sur la table du dr Zhang : l’usage des points Gui de Sun Si Miao, des pathologies de 20 ans sur des problèmes ostéo-articulaires résolus en quelques secondes, des problématiques viscérales réglées en quelques séances d’acupuncture …  Toutes ces observations en cabinet me confortent dans l’idée que je suis passé à côté de quelque chose durant mes études de MTC.

Dans la plupart des comptes rendus cliniques de MTC, on améliore « discrètement » des pathologies ostéo-articulaires ou lésions traumatiques sur des cures de 50, 60 séances d’acupuncture ! Je me dit en lisant ces bouquins et les en comparant à ce que j’observe en cabinet qu’il existe un décalage trop important, que quelque chose cloche …

Cette personne est donc le personnage clé de ton évolution ?

C’est la personne qui initie le processus de transformation de ma pratique. Un jour j’apprends que le docteur Wang Ju Yi est invité par Philippe Sionneau à Paris. Zhang Yun, qui est un élève du docteur Wang me recommande d’assister à cette formation. Il me dit que sa méthode est exceptionnelle et proche de l’acupuncture classique.

Une acupuncture antérieure à celle de Chine Maoiste ?

Oui. C’est le début en fait de mon parcours dans l’acupuncture classique pourrait-on dire. Le Dr Wang enseigne la palpation des méridiens à des fins diagnostiques et thérapeutiques : on effectue un diagnostic différentiel et on mesure l’efficacité des traitements en fonction de l’évolution des modifications physiologiques perçues à la palpation sur le trajet des méridiens. C’est une deuxième étape fondamentale dans ma transformation. Je fais à cette occasion la connaissance de son assistant, Jason D. Robertson qui me conseille de me rendre au Japon pour en apprendre plus sur le style méridien.

Je vais alors entendre parler du docteur Yoshito Mukaino, auteur de The Meridian Test and Its Applications . Son approche me permet de comprendre comment le système méridien décrit parfaitement la réalité bio-mécanique du corps humain.

Je remarque une évolution de perception à travers les professeurs que tu as côtoyé. On part d’une base de MTC avec un diagnostic par les zangfu principalement, puis on prend de plus en plus de recul dans ce diagnostic pour aller chercher les causes de la maladie sur des zones en « superficie ».

En fait, cette analyse que tu es en train de faire et qui est juste, je peux l’expliquer autrement. La connaissance de la théorie des Zang Fu est indispensable à la compréhension de la pensée médicale chinoise, tout comme l’est la connaissance et la maîtrise de la dialectique du yin et du yang, des cinq mouvements. Mais c’est la théorie des méridiens qui permet à l’ensemble d’être cohérent.

Le Dr Wang utilise une image pertinente pour expliquer cela : il parle des trois piliers de la Médecine Chinoise. Dans cette métaphore, la dialectique représente les mots, les Zang Fu la grammaire et la théorie des méridiens, le lien qui relie et unifie les deux.

Le Ling Shu est un ouvrage hermétique : il nous faut une « clé » pour accéder à la pensée originelle des auteurs.

Une clé, donc un état d’esprit ?

Oui. Ma compréhension de la médecine chinoise m’amène à dire que cette clé des classiques est astrologique. Quand je parle d’astrologie, je ne pense pas à l’astrologie chinoise, mais à l’astrologie sacrée qui remonte au moins à la haute Egypte : toutes les traditions humaines partagent un corpus de connaissances universelles dont la base est la connaissance des cycles célestes.

Dont la base est le mouvement, l’énergie ?

Absolument, l’étude des mouvements du macrocosme va nous permettre de comprendre les mouvements du microcosme. En traitant mes patients quasi exclusivement avec les points de transport, les points des cinq Agents,  je me rends compte du lien étroit qui existe entre l’astrologie et la médecine chinoise. Si on projette le modèle classique de la médecine chinoise dans un contexte de biomécanique moderne, on observe alors une correspondance parfaite entre les mouvements du corps et le mouvement des planètes. On régularise la fonction corporelle par des procédés qui sont directement tirés de l ‘Astrologie.

Je vais aussi m’intéresser à d’autres systèmes japonais, aux travaux du maitre Honma, à la palpation de l’abdomen. Je vais cependant assez vite abandonner suite à ma rencontre avec le Dr Robert Chu et son Acupuncture Optimale. C’est le « méta-système » qui va enfin me permettre de répondre aux questions qui continuent de « hanter » mon esprit.

Cela fait maintenant plus de 4 ans que je suis un élève du Dr Chu : son système est le fruit de sa grande expertise clinique et de l’étude de nombreux systèmes d’acupuncture. C’est une synthèse, mais une synthèse ouverte car elle n’exclut aucune méthode mais permet au contraire de les réunir. L’acupuncture optimale emprunte largement à un style qui était totalement méconnu en France jusqu’à ce que Robert Chu l’introduise : l’acupuncture de Maître Tung, un système familial taïwanais, connu en Asie pour son extrême efficacité.

En acupuncture optimale, on ne traite quasiment jamais de façon bilatérale les points à l’aiguille filiforme. Les points de transport du dos (les points Bei Shu) et les points de tronc ne sont pas puncturés à l’aiguille filiforme mais traités par la micro-saignée. On pratique souvent la puncture contra-latérale et on ne puncture jamais la zone atteinte. Sa revendication forte est d’être une acupuncture proche des origines.

Puncture périostale du point Di Huang (style Tung), à travers les canaux du Foie et de la Rate.

L’acupuncture optimale emprunte également abondamment aux méthodes d’équilibrage des canaux d’acupuncture du Dr Chen Chao, une légende de l’acupuncture contemporaine. C’est une acupuncture basée essentiellement sur le Yi Jing, popularisée récemment par le Dr Tan Teh-Fu.

La méthode du Dr Chu utilise la notion de circuits thérapeutiques pour rationaliser les traitements : il s’agit d’abord d’identifier les canaux en déséquilibre grâce à la symptomatologie décrite notamment dans le chapitre 10 du Ling Shu. On construit alors un circuit thérapeutique composé de plusieurs canaux qui va répondre au mieux à la symptomatologie observée. Si par exemple on souhaite régulariser la fonction du Poumon, on va traiter le canal du Poumon et du Gros intestin, mais aussi éventuellement de l’Estomac et la Rate en fonction du besoin et de la gravité de l’atteinte : c’est le circuit TaiYin/Yang Ming.

Le Dr Chu m’a récemment confié que je suis l’un de ses rares élèves à avoir compris la profondeur de son approche, notamment grâce à mes travaux en astrologie… Je suis heureux d’avoir un mentor de sa trempe. Grâce à l’acupuncture optimale, nous pouvons sereinement prendre en charge des patients présentant une symptomatologie complexe.

Généralement, on ne voit pas tout …

Et on est souvent dans l’interprétation, voire le fantasme. On a tendance souvent à se raconter une histoire qui nous arrange … On utilise en outre trop souvent en MTC une stratégie de traitement basée sur les syndromes des zangfu , qui nous pousse à utiliser les points d’acupuncture comme les yao de la pharmacopée, c’est- à dire pour leurs fonctions/indications : on perd de vue la dynamique des canaux/méridiens qui est fondamentale. L’idée d’un traitement acupunctural repose pourtant sur la mise en mouvement, le retour à la mobilité, la circulation du Qi, du Sang et des Liquides Organiques. Il ne s’agit de faire circuler, de rétablir un mouvement optimal dans un circuit interconnecté d’informations, de fluides et de matières.

C’est donc une grille de lecture nouvelle que tu évoques ?

Nouvelle ? Non, elle est très traditionnelle puisque basée sur les classiques : quand on prend le Ling Shu, et les autres ouvrages classiques de l’acupuncture, on remarque qu’ils ne mentionnent jamais de syndrome de zangfu au sens contemporain. On ne parle jamais de « vide de sang du Foie » ou de « vide de Qi de la Rate », c’est une terminologie qui n’existe pas dans le Ling Shu. Comme je le disais tout à l’heure, je pense que ce type d’approche par les zangfu correspond à une vision moderne de la médecine chinoise. Cette approche n’est pas optimale pour la pratique de l’acupuncture.

Attention cependant avec les mots, il est important, surtout quand on enseigne, de ne jamais créer de division, de séparation entre les gens : des praticiens de MTC avec plusieurs décennies d’expérience ont bien sûr acquis une expérience clinique, un savoir faire, qui doit être préservé et transmis. Passer à l’acupuncture optimale leur offrirait simplement un nouvel éclairage sur ce qu’ils font déjà tout en leur offrant une ouverture libératoire vers de nouvelles voies thérapeutiques.

Cet éclairage de l’acupuncture optimale me satisfait en tout cas pleinement parce qu’il offre une fabuleuse flexibilité en pratique clinique : prenez par exemple le cas d’un patient fatigué que l’on souhaiterais « tonifier » par stimulation de la Rate et de l’Estomac. Une fois que l’’on a fait  3 Rate, 36 Estomac, 6 Rate , 9 Poumon, chauffé l’abdomen et que cela ne marche pas autant que ce que l’on souhaiterait, que fait-on ? Doit-on recommencer 25 fois la même séance d’acupuncture en espérant que le patient aille finalement mieux ?

Bien sur que non ! Ce que l’on cherche à obtenir, ce n’est pas forcément un résultat immédiat, mais en tout cas un changement mesurable après quelques séances, c’est à dire la disparition de certains signes et symptômes. Si on ne l’obtient pas dès les premières séances, c’est qu’on est « à côté de la plaque » et qu’il faut changer d’approche.

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