« Techniques de piqure des vaisseaux Mai enregistrées sur des lamelles de bambou dans la tombe de Laoguanshan » par Gu Man 顾漫, Zhou Qi 周琦 et Liu Changhua 柳长华 (2ème partie) 2/2

De la prévention des saignements et des contre-indications des méthodes de poncture

“刺血不當出,刺輒以指案,又以脂肪寒塞之,勿令得□,已。Cì xuè bù dàng chū, cì zhé yǐ zhǐ àn, yòu yǐ zhīfáng hán sè zhī, wù lìng dé □, yǐ.

Piquez mais ne laissez pas le sang sortir, arrêtez le immédiatement avec vos doigts. Utilisez de la graisse [animale] pour le bloquer et ne laissez pas xxx . C’est chose faite.” (Lamelle 650)

Ce passage décrit l’utilisation des doigts pour stopper un saignement. Le chapitre 4 du Lingshu stipule que lorsque l’on perçoit des mouvements brusques dans les vaisseaux, il est essentiel de les piquer, puis, selon que le mouvement s’écoule dans le sens de circulation ou à contre-courant, de retirer ou de laisser l’aiguille pendant un long moment : 

“刺澀者,必中其脈,隨其逆順而久留之,必先按而循之,已發針,疾按 其痏,無令其血出,以和其脈。Cì sè zhě, bì zhòng qí mài, Suí qí nì shùn ér jiǔ liú zhī, Bì xiān àn ér xún zhī, Yǐ fā zhēn, jí àn qí wěi, Wú lìng qí xuè chū, Yǐ hé qí mài

Il faut d’abord appuyer [sur les vaisseaux] et les suivre. Une fois l’aiguille retirée, l’ouverture doit être pressée immédiatement. Il faut veiller à ce que le sang ne s’en aille pas. De cette façon, les vaisseaux peuvent être harmonisés.”

Le chapitre 81 du Lingshu dit :  «發於腋下赤堅者,名曰米疽。治之以砭石,欲細而長,疏砭之,塗以豕 膏,六日已,勿裹之。Fā yú yè xià chì jiān zhě, míng yuē mǐ jū. Zhì zhī yǐ biān shí, yù xì ér cháng, shū biān zhī, Tú yǐ shǐ gāo, liù rì yǐ, wù guǒ zhī.

[L’abcès] qui se développe sous les aisselles et qui est rouge et dur s’appelle «abcès axillaire». On le soigne avec une aiguille de pierre, de préférence fine et longue, on poncture de façon espacée [et ensuite] on enduit avec du saindoux. Il guérit en six jours [et] il ne faut pas le bander.”

Dans le texte de Mawangdui portant le titre moderne de “Cinquante-deux remèdes (Wushier bingfang 五十二病方)”, on trouve de multiples exemples d’utilisation de la graisse animale comme cataplasme pour traiter les blessures. Par exemple, « Pour que la blessure ne forme pas de cicatrice, prenez du saindoux de porc (zhigao 彘膏) et du xxx yan (□ 衍). Mélangez-les et étalez [la pommade] dessus.”  

“短氣,不㓨(刺)[Quand il y a] essoufflement, ne piquer pas.” (lamelle 663)

Cette lamelle se trouve dans l’une des sous-sections et décrit les interdictions ou les contre-indications de la poncture. Nous voyons dans ce texte et dans d’autres que dans la thérapie des vaisseaux, la poncture n’était pas considérée comme appropriée pour les personnes souffrant de vacuité et d’épuisement (xuzheng 虛證).

Les « Biographies de Bian Que et Cang Gong » indiquent que « pour ceux dont la forme physique est faible, il n’est pas approprié d’appliquer du moxa, des aiguilles-épées, des pierres coupantes ou d’administrer des médicaments puissants ».

Le « Traité sur les maladies particulières » (Jibing lun 寄病論), le chapitre 47 du Suwen dit : « Quant à ce qu’on appelle « ne pas diminuer une insuffisance », lorsque le corps est émacié, n’employez pas de pierre tranchante. »

Le Ling Shu dit : « Dans tous les cas de diminution [du mouvement dans les vaisseaux], lorsque le yin et le yang de l’apparence physique sont tous deux insuffisants, on ne doit en aucun cas traiter au moyen de la poncture. Un équilibre doit être atteint au moyen de médicaments doux. »

La « Fin et le Commencement », le chapitre 9 du Lingshu, décrit les principes de diagnostic et de traitement des symptômes d’essoufflement (Shaoqi zheng 少氣證) :

少氣者,脈口、人迎俱少而不稱尺寸也,如是則陰陽俱不足。補陽則陰 竭,瀉陰則陽脫。如是者,可將以甘藥,不愈,可飲以至齊。Shǎo zhě, mài kǒu, rén yíng shǎo ér chèn chǐ cùn , Rú shì zé yīn yáng jù bù zú. Bǔ yáng zé yīn jié, Xiè yīn zé yáng tuō. Rú shì zhě, kě jiāng yǐ gān yào, Bù yù, kě yǐn yǐ Zhì Qí.

Quand quelqu’un manque de qi, mai kou et ren ying sont tous deux diminués, la région du chicun ne se soulève pas. Dans une telle situation, ni le yin ni le yang [qi] ne sont suffisant. Si l’on complète le yang, alors le yin sera épuisé. Si l’on draine le yin, alors le yang se perdra. Dans une telle situation, il faut recourir à des substances pharmaceutiques douces. Si l’effet ne dure pas, le patient devra consommer des remèdes jusqu’à sa guérison complète.”

Nous pouvons considérer ces passages comme une explication ou une extension du contenu des manuscrits sur lamelles de bambou, les intégrant ainsi à la tradition philologique de la littérature médicale (xùngǔ 訓詁).

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