Revenir à la médecine ancienne : recommander la lecture du “圆运动的古中医学 Yuán yùndòng de gǔ zhōngyīxué La médecine chinoise ancienne du mouvement circulaire”

Dans cet article, Lǐ Hóngyuān 李洪渊 explique que pour comprendre la véritable médecine chinoise, il faut revenir à la médecine ancienne et recommande la lecture de La médecine chinoise ancienne du mouvement circulaire 《圆运动的古中医学》 (Yuán yùndòng de gǔ zhōngyīxué), afin d’éclairer les étudiants, de secouer les consciences et d’inviter à une réflexion profonde. 

Revenir à la médecine ancienne : recommander 《圆运动的古中医学》 (Yuán yùndòng de gǔ zhōngyīxué) 

Pourquoi les facultés modernes de médecine chinoise forment elles des praticiens moins compétents que les anciens médecins autodidactes ? 

Comment devenir un médecin chinois véritablement compétent en clinique ? 

Ces questions m’ont accompagné durant des années. Grâce à mon travail, j’ai rencontré de nombreux anciens médecins ainsi que des enseignants issus de grandes facultés de médecine chinoise, et en confrontant leurs expériences à ma propre compréhension, j’ai réalisé que seule une véritable connaissance de ce qu’est la médecine chinoise permet de résoudre cette question. 

I. La véritable médecine chinoise doit cesser d’explorer la question : “la médecine chinoise est-elle scientifique ?” 

Les étudiants qui entrent dans les facultés de médecine chinoise possèdent en général quelques notions d’anatomie. 

Lorsqu’ils apprennent des concepts tels que « le cœur gouverne l’esprit » 心主神志 (xīn zhǔ shénzhì) ou « les onze organes dépendent de la vésicule biliaire » 凡十一脏取决于胆 (fán shíyī zàng qǔjué yú dǎn), leur première réaction est de penser que la médecine chinoise n’est pas scientifique. 

En effet, le cœur est considéré comme une « pompe », le cerveau comme l’organe de la pensée, la vésicule biliaire peut être retirée sans conséquence, et même l’estomac et la rate — que la médecine chinoise appelle « racine du ciel postérieur » 后天之本 (hòutiān zhī běn) — peuvent être enlevés sans entraîner la mort. 

En réalité, la médecine occidentale n’est en Chine que depuis quelques centaines d’années. Le plus « non scientifique » fut que ceux qui traduisirent alors la médecine occidentale rendirent le mot « cœur » par 心 (xīn), opérant ainsi une substitution du sens originel. 

Puis, utilisant ces notions de cœur 心 (xīn), foie 肝 (gān), rate 脾 (pí), poumon 肺 (fèi) et rein 肾 (shèn), ils en vinrent à juger la médecine chinoise. 

Dès lors que ces concepts devinrent les critères de la « science », la médecine chinoise se retrouva classée dans la catégorie du « non scientifique ». Puis, en l’étudiant, on découvrit qu’elle avait de la valeur ; alors on entreprit de démontrer qu’elle était « scientifique ». 

Aujourd’hui, le développement de la recherche en médecine chinoise a emprunté cette voie, qui gaspille une énergie énorme pour ce s’avère être une erreur. 

Voilà l’une des différences majeures entre l’enseignement académique moderne et l’apprentissage ancien de la médecine chinoise. 

Le mot « science » 科学 (kēxué) vient de l’Occident, il est enraciné dans le système culturel occidental, et, dans son acception étroite, il désigne seulement la connaissance issue de la « méthode scientifique » : principe de mesure quantitative exacte, principe mécanique de répétabilité vérifiable, etc. La médecine chinoise n’appartient pas à ce cadre. 

La manière dont elle comprend le corps humain et traite les maladies ne repose pas sur la méthode scientifique moderne. Sa connaissance du corps est introspective 内证 (nèizhèng). 

La précision anatomique ne peut prouver l’existence des méridiens 经络 (jīngluò) et des points 穴 (xué), mais l’acupuncture 针灸 (zhēnjiǔ), fondée sur cette théorie, a montré son efficacité dans la pratique. Le célèbre médecin Pú Fǔzhōu 蒲辅周 a guéri 167 cas d’encéphalite B en utilisant 98 prescriptions différentes, ce qui ne correspond pas au critère scientifique de répétabilité. 

Le « scientisme » 科学主义 (kēxué zhǔyì) croit à tort que toutes choses peuvent être connues par la méthode scientifique. 

Dans les domaines que la science n’explique pas encore, il agit comme un « colonisateur scientifique », et toutes les façons de connaître le monde qui ne sont pas compatibles avec la science moderne, telles que les cultures traditionnelles orientales représentées par la médecine chinoise, sont rejetées et stigmatisées comme « non scientifiques » 不科学 (bù kēxué) ou « pseudo-sciences » 伪科学 (wěi kēxué). 

Seule une compréhension claire que la médecine chinoise est « scientifique » dans sa logique propre, permet de se libérer de l’illusion de vouloir prouver qu’elle est science et d’entrer véritablement dans la médecine chinoise. 

Reconnaître que la médecine chinoise est un système cognitif indépendant du système scientifique occidental, apprendre véritablement à utiliser les principes, les méthodes, les prescriptions et les remèdes de la médecine chinoise pour soigner les maladies, c’est alors s’enraciner dans la médecine chinoise.

C’est seulement à partir de ce moment-là qu’on peut étudier la médecine chinoise, la développer, et emprunter la voie juste. 

II. Qu’est-ce que la médecine chinoise ancienne ?

La culture traditionnelle est très vaste. Par exemple, des notions comme « qì » 气 (qì), « yīn-yáng » 阴阳 (yīn-yáng), « cinq mouvements » 五行 (wǔxíng), « six souffles » 六气 (liùqì), « vingt-quatre souffles saisonniers » 二十四节气 (èrshísì jiéqì), « huit trigrammes » 八卦 (bāguà), sont des termes que l’Occident ne possède pas. 

Selon la vision traditionnelle du monde, la « monogenèse du qì » 气一元论 (qì yī yuán lùn) considère que tout l’univers est produit par le qì : lorsqu’il se rassemble, il devient forme ; lorsqu’il se disperse, il redevient qì. 

Quant à la connaissance de l’homme, la « conception de l’unité corps-esprit » 形神一体观 (xíng shén yītǐ guān) et la « conception de l’unité ciel-homme » 天人一体观 (tiān rén yītǐ guān) sont fondamentales. La médecine chinoise ancienne reconnaît le monde sur la base de cette conception élémentaire. 

Or, les concepts de la science occidentale et de la médecine occidentale ne peuvent pas englober de tels contenus. Du point de vue de la médecine chinoise, le corps humain ressemble à un aimant : il possède des molécules de fer visibles et un champ magnétique invisible. 

La médecine occidentale, en revanche, se concentre sur la partie visible et ne reconnaît pas l’influence de l’invisible sur la santé et encore moins l’importance d’étudier systématiquement la correspondance entre les émotions humaines et les organes internes 脏腑 (zàngfǔ). 

Revenir à la médecine chinoise ancienne, c’est l’hériter de manière complète et systématique. Lorsque l’on évoque le foie 肝 (gān), il ne faut pas seulement penser à l’organe foie, mais aussi à son système de correspondances aux cinq mouvements 五行 (wǔxíng) : le bois 木 (mù), la saison du printemps 春 (chūn), le méridien juéyīn 厥阴 (juéyīn), le climat du vent 风 (fēng), la direction de l’Orient 东方 (dōngfāng), l’émotion de la colère 怒 (nù), le trigramme Xùn 巽卦 (xùn guà), la couleur verte 青色 (qīngsè), le trajet des méridiens 经络循行 (jīngluò xúnxíng), les tendons 筋 (jīn), au fait que le foie conserve le sang 肝藏血 (gān cáng xuè) et abrite l’âme hún 魂 (hún), etc. 

Quand on observe le corps humain, il ne faut pas seulement considérer sa dimension visible et matérielle, mais aussi le comprendre comme une condensation de qì 气 (qì), une forme solidifiée du qì. 

La différenciation diagnostique 辨证 (biànzhèng) consiste alors à « juger de l’invisible à partir du visible » 据有形以断无形 (jù yǒuxíng yǐ duàn wúxíng). Mettre l’accent sur la médecine chinoise ancienne comporte trois significations. 

Premièrement, cela signifie mettre en avant la reconnaissance des classiques : le Huángdì Nèijīng 黄帝内经 (Huángdì Nèijīng), le Shénnóng Běncǎo Jīng 神农本草经 (Shénnóng Běncǎo Jīng), le Nàn Jīng 难经 (Nàn Jīng), le Zhēnjiǔ Jiǎyǐ Jīng 针灸甲乙经 (Zhēnjiǔ Jiǎyǐ Jīng), le Yì Jīng 易经 (Yì Jīng), le Dàodé Jīng 道德经 (Dàodé Jīng), ainsi que le Shānghán Lùn 伤寒论 (Shānghán Lùn), le Zhū Bìng Yuánhòu Lùn 诸病源候论 (Zhū Bìng Yuánhòu Lùn), et d’autres classiques antérieurs aux dynasties Sui et Tang. 

Ce sont les fondements théoriques indispensables pour bien étudier la médecine chinoise ancienne. 

Deuxièmement, cela signifie insister sur l’importance de l’héritage de la culture traditionnelle. La transmission et le développement de la médecine chinoise reposent sur la continuité. 

Ne pas comprendre véritablement ce qu’est la médecine chinoise et parler à tort d’innovation, c’est en réalité détruire la médecine chinoise. 

Ceux qui s’enthousiasment pour faire disparaître la médecine chinoise ne maîtrisent jamais réellement la pratique clinique de la médecine chinoise. 

Pour passer la porte de la médecine chinoise, il faut d’abord renoncer à chercher à démontrer qu’elle est une science. La médecine chinoise ancienne insiste sur la transmission, précisément pour corriger cette direction erronée. 

Troisièmement, cela signifie ne pas reconnaître que « l’intégration de la médecine chinoise et de la médecine occidentale » 中西医结合 (zhōng xī yī jiéhé) appartient au système académique de la médecine chinoise, et ne pas reconnaître non plus que cette intégration constitue une discipline indépendante. 

Une discipline se fonde sur une base philosophique et une vision fondamentale du monde. 

La vision du monde de la médecine chinoise est totalement différente de celle de la médecine occidentale. 

Quant à l’intégration de la médecine chinoise et de la médecine occidentale, elle n’a pas de vision fondamentale du monde, et ne peut donc pas constituer une discipline autonome. 

L’intégration de la médecine chinoise et de la médecine occidentale est bénéfique au développement médical, mais ses résultats doivent être clairement distingués : ce qui relève de la théorie de la médecine chinoise appartient à la recherche en médecine chinoise ; ce qui relève du système de la médecine occidentale appartient à la recherche occidentale. 

C’est seulement ainsi que le développement de la médecine chinoise pourra être favorisé. 

Mettre l’accent sur la médecine chinoise ancienne, c’est emprunter une voie de développement indépendante et autonome de la médecine chinoise, une voie qui prend la médecine chinoise pour centre et absorbe continuellement les résultats de la science et de la technologie modernes pour les mettre à son service, et non une voie où la médecine chinoise serait réduite à un simple trésor pillé sans cesse par la médecine occidentale. 

III. Repenser la notion de médicament chinois 中药 (zhōngyào) 

Quels sont les facteurs qui permettent aux médicaments chinois d’agir ?

 Ce sont les « quatre natures » 四气 (sì qì) et les « cinq saveurs » 五味 (wǔ wèi) des substances, qui leur donnent la capacité de réguler l’état du corps humain.

C’est là le principe de la médecine chinoise, et non le fait qu’elles contiennent certains composants actifs. 

Un autre point qu’il faut clarifier est la définition même de « médicament chinois » 中药 (zhōngyào). 

Un médicament chinois est une substance employée conformément à la théorie de la médecine chinoise pour traiter ou prévenir les maladies. 

Ce concept est aujourd’hui souvent confondu. Par exemple, un comprimé de laxatif 果导片 (guǒdǎo piàn), de l’eau bouillie 白开水 (bái kāi shuǐ), ou l’artémisinine 青蒿素 (qīnghāosù) : lequel est un médicament chinois ? 

Il existe une histoire : un enfant souffrait d’une forte fièvre persistante. Divers antibiotiques furent essayés, sans succès. On fit alors appel à un médecin chinois. Celui-ci diagnostiqua un « syndrome de plénitude dans l’intestin Yangming » 阳明腑实证 (yángmíng fǔ shí zhèng) et conclut qu’il fallait immédiatement purger afin de préserver le yīn 阴 (yīn). Une simple pilule de laxatif 果导片 (guǒdǎo piàn) fut administrée ; l’enfant évacua, et la fièvre retomba aussitôt. 

Ici, faut-il considérer le laxatif comme un médicament chinois ? 

Oui : puisqu’il fut utilisé selon la théorie de la médecine chinoise pour traiter la maladie, dans ce cas précis, il est bien un médicament chinois. 

Dans le Běncǎo Gāngmù 本草纲目 (Běncǎo Gāngmù), l’eau 水 (shuǐ) est classée en plus de dix types : eau de pluie 雨水 (yǔshuǐ), eau de neige 雪水 (xuěshuǐ), eau de puits 井水 (jǐngshuǐ), eau de rosée 露水 (lùshuǐ), et bien sûr l’eau bouillie 白开水 (bái kāi shuǐ). 

Toutes sont des médicaments chinois. Dans les hôpitaux modernes, la solution saline 生理盐水 (shēnglǐ yánshuǐ) ou la solution de glucose 葡萄糖水 (pútáotáng shuǐ), si elles sont utilisées cliniquement selon la théorie de la médecine chinoise, deviennent elles aussi des médicaments chinois. 

Quant à l’artémisinine 青蒿素 (qīnghāosù), qui est une découverte célèbre issue de la médecine chinoise et reconnue dans le monde entier, elle reste néanmoins classée comme un médicament occidental, car elle est utilisée selon la théorie de la médecine occidentale. 

Beaucoup de plantes médicinales occidentales sont dans le même cas : ce n’est pas parce qu’elles sont d’origine végétale qu’elles sont des médicaments chinois. L’essentiel est de savoir selon quelle théorie elles sont employées. 

Certains concepts sont souvent influencés par les idées du quotidien, et le terme « médicament chinois » 中药 (zhōngyào) en est un bon exemple. 

Les expressions courantes « pharmacie de médicaments chinois » 中药房 (zhōngyào fáng) et « pharmacie de médicaments occidentaux » 西药房 (xīyào fáng), « prescription de médicaments chinois » 中药处方 (zhōngyào chǔfāng) et « prescription de médicaments occidentaux » 西药处方 (xīyào chǔfāng), « formes pharmaceutiques de médicaments chinois » 中药剂型 (zhōngyào jìxíng) et « formes pharmaceutiques de médicaments occidentaux » 西药剂型 (xīyào jìxíng), influencent toutes notre manière de concevoir et d’apprendre la médecine chinoise. 

IV. À propos de 《圆运动的古中医学》 (Yuán yùndòng de gǔ zhōngyīxué) La médecine chinoise ancienne du mouvement circulaire 《

圆运动的古中医学》 (Yuán yùndòng de gǔ zhōngyīxué) est l’ouvrage de Péng Zǐyì 彭子益.

Il fut médecin à l’hôpital impérial à la fin des Qing.

Après la chute de la dynastie, il accepta l’invitation du gouverneur militaire du Shanxi, Yán Xīshān 阎锡山 (Yán Xīshān), et se rendit dans cette province pour y entreprendre un travail médical et pédagogique. 

Il vécut à une époque où la Chine subissait l’agression culturelle occidentale et où la culture traditionnelle était mise en doute, la médecine chinoise étant menacée de disparition.

Avec une volonté indomptable, il consacra plus d’un demi-siècle à transmettre l’orthodoxie de la médecine chinoise ancienne, en commençant par l’éducation. 

Dans le Shanxi, le Jiangsu, le Yunnan, le Sichuan, le Hunan et le Guangxi, il ouvrit des écoles, donna des cours et soigna les malades. 

Après 31 révisions successives, il acheva La médecine chinoise ancienne du mouvement circulaire, formant ainsi, même en temps de guerre, une génération de véritables médecins chinois. 

Ce qui est encore plus important, c’est que son système de pensée académique s’enracine dans la culture traditionnelle chinoise et poursuit la transmission de la médecine ancienne. 

Il est à juste titre considéré comme le « père de la renaissance de la médecine chinoise » 中医复兴之父 (Zhōngyī fùxīng zhī fù). 

Relire La médecine chinoise ancienne du mouvement circulaire revêt donc une grande importance pour la renaissance véritable de la médecine chinoise.

Le célèbre médecin Lǐ Kě 李可 (Lǐ Kě), spécialiste du traitement par la médecine chinoise des maladies graves et urgentes, prit le risque de préserver ce livre pendant la campagne de la « Révolution culturelle » visant à détruire les « Quatre vieilleries ». 

Par sa pratique clinique, il démontra ensuite la valeur de l’ouvrage. 

Ce livre reprend les idées essentielles du 内经 (Nèijīng) et l’esprit de 张仲景 (Zhāng Zhòngjǐng), et, à travers les principes du 河图 (Hétú) concernant l’ascension et la descente du 气 (qì), il relie les mystères des classiques médicaux. 

Tel Páo Dīng 庖丁 découpant le bœuf, il en pénètre le cœur et en saisit l’essence. 

Le livre n’utilise pas une seule citation directe des classiques, mais s’en détache pour revenir à la simplicité, déroulant fil après fil et exposant en langage clair un système scientifique de médecine chinoise. 

Ce système traverse de part en part tous les aspects de la pratique : différenciation des syndromes 辨证 (biànzhèng), principes thérapeutiques 理 (lǐ), méthodes 法 (fǎ), prescriptions 方 (fāng) et remèdes 药 (yào). 

Péng Zǐyì mettait particulièrement en avant le rôle du « qì central » 中气 (zhōngqì), défini comme « le qì entre les deux méridiens de la rate et de l’estomac » 脾胃二经中间之气 (pí wèi èr jīng zhōngjiān zhī qì). 

Selon la théorie du 河图 (Hétú), la terre 土 (tǔ) occupe le centre, et sans elle rien ne peut exister. 

Ainsi, la théorie du 内经 (Nèijīng) et l’enseignement de 张仲景 (Zhāng Zhòngjǐng) mettent tous deux l’accent sur le qì central. La terre est la mère de toutes choses ; dans le corps humain, elle correspond à la rate 脾 (pí) et à l’estomac 胃 (wèi), qui sont la base du ciel postérieur 后天之本 (hòutiān zhī běn) et la racine de la vie 生命之根 (shēngmìng zhī gēn). 

Ainsi, les cinq organes 五脏 (wǔ zàng) et les six entrailles 六腑 (liù fǔ) prennent la rate et l’estomac comme centre, et le mouvement ascendant et descendant du qì des douze méridiens 十二经气机升降 (shí’èr jīng qìjī shēngjiàng) a pour axe le qì central. 

La théorie des cinq mouvements 五行学说 (wǔxíng xuéshuō) ne se réduit pas à un simple schéma de génération et de domination, mais affirme la centralité de la terre : « la terre est le centre » 土为中心 (tǔ wéi zhōngxīn). 

C’est la concrétisation du principe du 内经 (Nèijīng) selon lequel « tous les organes reçoivent leur qì de l’estomac » 五脏皆秉气于胃 (wǔ zàng jiē bǐng qì yú wèi). 

Toutes les maladies, qu’elles soient causées par des facteurs externes ou internes, ne sont rien d’autre que des lésions du qì central 中气受损 (zhōngqì shòusǔn), provoquant un désordre dans l’ascension et la descente 升降乖乱 (shēngjiàng guāiluàn). 

Quand ce qui doit monter ne monte pas, il en résulte des maladies de descente anormale ; quand ce qui doit descendre ne descend pas, il en résulte des maladies de montée anormale. 

Les maladies de chaque méridien se résument à des syndromes de plénitude ou de vacuité, de froid ou de chaleur 虚实寒热 (xū shí hán rè). 

Les méthodes thérapeutiques se résument au tonifier et au disperser, au réchauffer et au rafraîchir 补泻温清 (bǔ xiè wēn qīng). 

Mais en réalité, toutes ces catégories reviennent à corriger ce qui ne monte pas ou ce qui ne descend pas. Les méridiens fonctionnent comme une roue, le qì central est leur axe ; le qì central est la racine. 

Ainsi, que la maladie s’aggrave ou s’allège, tout dépend du qì central. 

Les anciens, en expliquant la théorie du 河图 (Hétú), citaient abondamment les classiques, mais en cherchant trop la profondeur, ils rendaient leur signification obscure, comme un voile de nuages. 

Péng Zǐyì, lui, dissipa ce brouillard et exposa clairement les principes, en peu de mots, révélant la racine des maladies dans le désordre de l’ascension et de la descente du qì central. 

Il montra comment cela se manifeste, comment cela évolue, comment cela s’articule avec les classiques médicaux 内经 (Nèijīng), 难经 (Nàn Jīng), 伤寒论 (Shānghán Lùn) et 金匮要略 (Jīnguì Yàolüè), ainsi que les lois physiologiques et pathologiques du corps humain, les principes thérapeutiques, les remèdes et leur application. 

Tout cela, il l’expliqua avec clarté, guidant les étudiants et éveillant leur compréhension. 

En tant que manuel, La médecine chinoise ancienne du mouvement circulaire se distingue des classiques médicaux anciens : c’est un ouvrage de la période républicaine, plus proche du monde moderne. 

D’un côté, il introduit progressivement le lecteur par la culture traditionnelle et l’accompagne pour entrer dans la médecine chinoise ; de l’autre, sa langue, proche des habitudes modernes de lecture, facilite l’étude. 

Contrairement aux manuels universitaires contemporains, qui bourrent les étudiants de concepts et de définitions, il forme dans le processus même de son enseignement une vision du monde, un mode de pensée. 

Cette vision est précisément ce dont manquent les diplômés actuels : c’est le cœur du raisonnement de la différenciation des syndromes, l’âme même de la médecine chinoise. 

Je considère que les classiques de la médecine chinoise sont comme un arbre vivant, tandis que les manuels modernes ne sont que des branches mortes arrachées à cet arbre. 

Peu importe leur accumulation, sans l’âme de la médecine chinoise, les résultats cliniques ne sont pas au rendez-vous. 

C’est là l’échec de l’éducation moderne. Le maître Lǐ Kě 李可 (Lǐ Kě) répétait souvent : pour bien apprendre la médecine ancienne, il faut « laver son cerveau » 洗脑 (xǐnǎo). 

J’estime que ce « lavage du cerveau » signifie acquérir une vision enracinée dans la culture traditionnelle chinoise. 

La clé pour maîtriser une discipline, c’est d’abord de comprendre la vision du monde qui la fonde. 

Mais sous l’influence de la culture occidentale et avec la perte de l’éducation traditionnelle, la jeune génération chinoise peine à former une conception de la monogenèse du qì 气一元论 (qì yī yuán lùn) ou de l’unité corps-esprit 形神一体观 (xíng shén yītǐ guān). Les manuels modernes, encombrés de termes médicaux occidentaux, brouillent encore davantage la pensée. 

Pour corriger cette situation et donner une direction claire, “La médecine chinoise ancienne du mouvement circulaire” est l’ouvrage le plus approprié. 

Comme le dit le livre : 

« Lorsque l’on parle de la rate et de l’estomac 脾胃 (pí wèi), il faut les appeler terre de la rate 脾土 (pí tǔ) et terre de l’estomac 胃土 (wèi tǔ), car la rate et l’estomac naissent du qì de la terre 土气 (tǔ qì). 

Les maladies de la rate et de l’estomac qui se manifestent par l’humidité 湿 (shī) viennent du qì de la terre, qui engendre l’humidité. 

Quand elles se manifestent par le froid 寒 (hán), c’est parce que le qì de la terre a sa racine dans le feu ministre 相火 (xiāng huǒ), et que lorsque ce feu ministre est insuffisant, le centre devient froid. Le mouvement de la terre centrale 中土运动 (zhōngtǔ yùndòng) est l’ascension et la descente 升降 (shēngjiàng). 

Si la rate est malade, le qì de la rate ne s’élève pas ; si l’estomac est malade, le qì de l’estomac ne descend pas. 

Si l’on ne parle que des chairs de la rate et de l’estomac, alors l’humidité, le froid, l’ascension et la descente n’ont plus de fondement. » 

Chaque phrase de l’ouvrage transmet la conception de l’unité du ciel et de l’homme 天人一体 (tiān rén yī tǐ). 

Mais un étudiant de médecine chinoise qui connaît par cœur ce terme sans comprendre le sens profond des vingt-quatre souffles saisonniers 二十四节气 (èrshísì jiéqì), comment pourrait-il devenir un véritable médecin chinois ? 

C’est pourquoi ce livre est aujourd’hui si précieux pour bien apprendre la médecine chinoise et améliorer l’efficacité clinique. 

[…] 

Nous n’irions pas juger la médecine occidentale selon les standards de la médecine chinoise ; mais il est inacceptable que la médecine chinoise soit continuellement violée par la médecine occidentale. 

Hélas, au cours du dernier siècle, la médecine chinoise a bien été humiliée, et qui plus est dans sa propre maison, sous les yeux mêmes de ses héritiers.

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